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A une époque où tous les VIP s'appliquent à répondre avec empressement aux sollicitations du moindre micro qui se tend - nous avions évoqué en son temps Pierre Gattaz répondant avec gourmandise aux questions de Yan Barthès au Petit Journal - je me demande si les communicants ne devraient pas conseiller à leurs clients bavards impénitents le recours à ce nouveau concept de communication, le silence.
J’ignore si Vincent Bolloré a vraiment l’intention de débarrasser Canal + des Guignols, et, s’il l’a, pour quelles raisons profondes.
Ce que je sais, en revanche, c’est qu’en termes de communication, il a, me semble-t-il, commis trois bourdes :
- au moment où il achevait de mettre la main sur Vivendi, donc sur Canal +, il n’aurait jamais dû s’exprimer sur le contenu de la chaîne 1 : ce n’est pas à l’actionnaire de dire ce qu’il en pense, seul l’intéresse le fait de pouvoir développer un projet pour cette chaîne, et la réussite de celui-ci. Et il ne parait pas très avisé d’émettre des critiques sur un produit dont on vient de se rendre acquéreur. D'autant qu’il n’a aucune compétence avérée en terme de programmation télévisuelle.
- il n’aurait jamais dû s’exprimer sur les Guignols pour une autre raison : si lui n’a pas de mémoire, les media en ont et aiment à s’en servir, surtout par rapport aux puissants, il faut bien donner l’impression de son indépendance. D'où cette journée de jeudi 1er juillet durant laquelle tous les media s’en sont donné à cœur-joie en ressortant l’entretien dudit Bolloré…(ce qui a dû l’agacer…)
- enfin, il devrait à la veille d’un Conseil d’Administration, mieux verrouiller la communication du groupe : il n’est pas normal que cette info – vraie ou fausse – ait surgi et enflammé une partie du monde politique et médiatique français pendant 24 heures – surtout à un moment, la veille du référendum en Grèce, où se joue un événement autrement plus important pour l’avenir de tous que la disparition des Guignols.
Tout est rentré dans l’ordre me direz-vous.
Pas si sûr.
Certes, une décision a été prise qui, elle, était bien de la compétence du Conseil, le limogeage du Directeur Général de Canal +, Rodolphe Belmer, dont on peut estimer qu’il n’avait pas su répondre au challenge qui lui était posé, redresser l’audience de Canal + face à la concurrence montante des chaines de la TNT.
Certes, nous avons appris que les Guignols avaient sauvé leur peau, mais personne ne nous garantit leur heure et jour de passage si vraiment Bolloré le veut, il peut trouver la solution adéquate pour une disparition soft, par exemple pour manque d’audience, malgré tout.
En bref, rien ne nous dit que Vincent Bolloré va limiter son rôle à définir le projet et à laisser à ses équipes le soin de le mettre en place. D'autant qu’il semble qu'il ait effectivement une petite tendance à se prendre, parfois, pour un Directeur général.
En tout état de cause, nous pourrions modestement lui conseiller, à l’avenir, de savoir se taire. Parfois, notamment quand il s’écarte de son rôle.
Et, à défaut, de revoir aussi les compétences de son staff en matière de communication.
                                                              ***
Un autre dirigeant, récemment, a failli être la victime de paroles prononcées un jour et que les media auraient pu lui rappeler (mais elles ne l’ont pas fait, impressionnés sans doute par la conviction de l’homme d’entreprise, soucieux de l’avenir de l’entreprise et de ses salariés), c’est Martin Bouygues quand il a renvoyé le très honorable Monsieur Drahi – qui s’y connait beaucoup en Media, il vient de racheter le journal Libération ! - dans ses 22 mètres à l’occasion de sa proposition d’achat de Bouygues Télécom.
« Une entreprise n'est pas une marchandise comme une autre, tout n'est pas à vendre», a-t-il lancé au micro de RTL, au lendemain du rejet de l'offre d'acquisition de sa société.
Nous aurions aimé l’entendre tonner de la sorte quand il a fallu examiner la proposition d’achat d’Alstom par General Electric, il y a quelque temps (oui je sais, personne ne se souvient plus de cette affaire, qui, à mon avis, n’est pas encore finalisée).
Mais dans ce cas-là, Martin Bouygues s'exprimait en actionnaire pressé de se débarrasser d’une entreprise au sein de laquelle personne ne voyait ce qu’il était venu y faire. Pas en créateur et homme d'entreprise.
 
 
1http://www.franceinter.fr/emission-linvite-de7h50-vincent-bollore-les-energies-propres-remplaceront-un-jour-le-nucleaire

 

 

 

Bertrand Lumineau

 

 

 

Si vous allez voir ce film, « La loi du marché », faites bien attention à la dernière partie, celle où Vincent Lindon quitte le bureau où il vient d’assister à l’entretien musclé entre une inspectrice de magasin et une caissière prise la main dans le sac (un « petit » sac : elle a juste rempli sa propre carte de fidélité au lieu de celle des clients). Il sort, pressé, repasse par le vestiaire, vide son casier, s’engouffre dans sa Clio, démarre, s’éloigne, le tout sans un mot, sans parler à personne, toujours filmé de dos, comme une ombre… la scène est tellement surprenante que nous mettons une seconde à comprendre qu’il quitte son job pourtant indispensable à sa survie …
Le cinema aime bien se confronter au « social ». L’année passée, à Cannes, nous avions eu la fable des frères Dardenne ou «  l’impossible solidarité entre salariés » avec Marion Cotillard.
Cette année, nous avons donc le film de Brezé, primé à travers son acteur principal devenu chômeur longue durée, père d’un enfant handicapé, et exclu involontaire puis volontaire de son travail impropre à assurer sa dignité.
Film social,  inventif et juste, dit un critique …
Film social, oui, même si personnellement, je n’ai pas aimé ce film, ne raffolant pas de l’image qu’il donne des « exclus ». Mais je n’en ferai pas le reproche au metteur en scène, entrepreneur courageux . 
Film social, oui, mais pas vraiment inventif, malheureusement.
Film juste, oui, certainement : certaines scènes, notamment celle du départ en retraite avec le pauvre discours du Directeur de magasin, cette autre avec l’employé du Pôle Emploi, gêné d’admettre, oui  faire suivre une formation de grutier à un homme n’ayant jamais mis les pieds sur un chantier était une erreur, ou encore celle qui confronte la jeune « conseillère commerciale » de banque avec ce chômeur longue durée taiseux et légèrement buté… Ou, encore plus tonitruantes, celle du DRH transformé en psychologue de fortune pour convaincre le personnel du magasin que le suicide de leur collègue sur le lieu de travail n’a rien à voir avec le fait de s’être fait lourder pour avoir détourné à son usage personnel quelques bons de réduction remis par les clients – je résume.
Mais ce qui est juste dans ce film, c’est le constat du silence final auquel se trouve acculé Lindon, l’ouvrier, le surveillant, le chômeur…
De ce film, le syndicat n’est pas absent, une seule séquence mais doublement emblématique :
Lindon oppose une fin de non-recevoir au délégué syndical de son ancienne société qui l’exhorte à se joindre à une action collective judiciaire pour obtenir un supplément d’indemnité.
Et ledit délégué est joué par Xavier Mathieu, un des leaders des « Conti »  lors de la fermeture de l’usine CONTINENTAL de Clairoix, qui, lui-même, tente une reconversion personnelle dans le cinéma.
Autre constat, l’impuissance syndicale. Ni la violence (le conflit Conti s’accompagna de violences), ni la négociation, ni le recours juridique ne peuvent masquer ce fait : le syndicalisme est aujourd’hui impuissant à protéger le salarié, réduit à lui-même, à compter sur ses propres forces pour devenir « l’acteur de sa propre carrière »…
                                                                                                                                                  

                                                                                                                                                        ***


Ce film illustre bien l’essoufflement du dialogue social à la française.
Il faut rééquilibrer le rapport de forces entre partenaires sociaux, les organisations syndicales étant affaiblies. Le politique peut les y aider, notamment en durcissant les conditions de la représentativité syndicale  et de validité des accords..
Il faut également rééquilibrer la prise en compte du collectif par rapport à l’individuel. C’est le travail des organisations syndicales, à elles de remettre sur le métier leur logiciel, et leurs modes d’action. Des champs entiers restent à réinvestir, l’organisation du travail, le management, la qualité de vie au travail.
A ces conditions, le dialogue pourra jouer son rôle de régulateur au sein du social.
Bertrand Lumineau

 

 

 

 Le conflit Radio France ou quand un joueur de cornet 1 se trompe d’orchestre…


La façon dont les syndicats ont mené leur conflit avec la direction de Radio France révèle un singulier manque de compétences en matière de dialogue social et de négociation : ils se sont proprement encalminés dans un mouvement à la limite de la légalité, se privant d’une nouvelle utilisation de la grève si la suite devait leur être défavorable (et elle le sera forcément en terme d’emploi…).
1- Alors même que cette Direction n’avait pas encore déposé son plan stratégique, comme un seul homme, ces organisations se sont lancées dans une grève reconductible de jour en jour sur la foi d'un article du Canard Enchainé, révélant le coût des travaux du bureau du Président.2
Sauf que la décision des travaux était antérieure à son arrivée et que le surcout n'était certainement pas dû à ses gouts de luxe (en eût-il par ailleurs, ce qui le regarde). Le rapport de l’IGF l’a ensuite épargné.3
De ce fait, tout le monde a compris que les syndicats voulaient d'abord la tête du président. Ce qui n'est jamais la meilleure façon de poser les termes d’une négociation, au contraire, commencer par une épreuve de  force, c’est donner l’impression de partir déjà battu et de jouer à quitte ou double.
Ces organisations croyaient-elles si peu dans la puissance de leurs arguments ?
2- Autre constat pour le moins surprenant : les syndicats, pendant 28 jours, se sont privés d’antenne, outil pourtant idéal pour présenter et défendre leurs positions ? 4
Au moment où s’appuyant sur l’excellente audience des radios du service public ils auraient pu « prendre l’antenne » pour s’exprimer, présenter et défendre leurs positions, prendre les auditeurs et les citoyens à témoin, ils la rendent, l’antenne (aux radios privées qui n’en demandent pas tant,  elles dont l’unique objectif est la part d’audience !), et se privent d’un débat politique (citoyen) qui aurait laissé à chacune des parties prenantes (et par seulement eux et/ou le personnel) la possibilité de faire valoir sa vision d’une radio publique d’état.5
3- Leur appel à une médiation après 3 semaines de conflit a été perçu comme la sanction de l’échec de la grève.
Assez savoureux ou pitoyable le désappointement des leaders syndicaux le vendredi soir, à la lecture des trois pages que le médiateur vient de leur remettre  « Le compte n’y est pas, il reste des points de blocage ». Notamment sur la question des emplois.
Auraient-ils – en plus – confondu médiateur et juge ?
Les syndicats de Radio France (et ceux qui les ont suivis) ont simplement montré qu'à force de fréquenter la maison de la radio, ils tournaient en rond quand autour d'eux le monde bouge, et qu'ils n'étaient plus en phase, donc  ni forcément les meilleurs acteurs, ni même peut-être les meilleurs témoins de leur époque. Ce qui devraient les amener à un brin de modestie, notamment par rapport aux erreurs de leur Président : d’erreurs, ils n’en pas été avares non plus.

Sans doute le président a-t-il mal engagé son affaire de plan stratégique, manque d’expérience, entourage peu au fait de la « culture » de l’entreprise…  Mais que dire des syndicats et de leurs leaders ? Lancés dans une chasse à l’homme, ils ont surtout démontré leur incompétence sur le plan du dialogue social. A la place du personnel frustré de Radio France je leur demanderai aujourd’hui qu’une seule chose : qu’ils partent, qu’ils abandonnent leur mandat, ils ne sont pas de bons leaders, ils ne sont pas de bons managers.

Bertrand Lumineau


1 Allusion à Monsieur Jeanesson, intarissable leader de Sud et joueur de cornet dans l’un des orchestres de Radio France (à ses heures perdues)…
2 Au vrai nous ne les avions jamais entendus protester – ne serait-ce que par une heure de grève contre les dérives du coût des travaux de rénovation de la maison ronde…
3 Certains ont dû penser refaire le coup de l’appartement Le Paon. Mais au sein de l’appareil d’Etat la démocratie a encore son mot à dire.
4 Mais en ont-ils des positions, sinon que rien ne bouge, les personnels font de l'excellent travail - ce qui est vrai, mais ne suffit plus.
5 Ce faisant, adoptant ce comportement schizophrénique, une question se pose : ont-ils rendu l’antenne justement parce qu’ils n’avaient rien à dire ?

 

 

 

Quand la CGT commémore.... - Lettre n°15

mercredi, 29 avril 2015 15:46

 Quand la CGT commémore...1

Nous avons suivi avec intérêt, mais également avec une certaine sidération l’épisode du remplacement à  rebondissement de Monsieur Le Paon par Monsieur Martinez à la tête de la CGT ces dernières semaines.Aujourd’hui, tout va bien, la CGT a retrouvé un secrétaire Général en état de marche, capable de sortir la centrale de son état de léthargie - elle n’est pas « malade » comme l’indique le nouvel homme fort 2.

 Homme fort ? Est-ce bien sûr ?

Ses premières déclarations aux medias ont pour le moins surpris : Philippe Martinez a enfourché un thème original, celui de la réduction du temps de travail, considérant que les français travaillent beaucoup, beaucoup trop (D’ailleurs Le Figaro pense comme lui) : il préconise donc une réduction de l’horaire légal de travail de 35h à 32heures.Il a conscience, sur ce thème, d’être – dit-il - à contre-courant.  

 Monsieur Martinez appuie sa prise de position sur deux arguments. Le premier est séduisant :

 - la réduction du temps de travail de ceux qui en ont (du travail) permettrait de donner du travail à ceux qui n’en ont pas, soit 2.700.000 millions de chômeurs. La recette miracle, en quelque sorte…Sauf que nous avons déjà entendu cela, lors de l’adoption des 35 heures, à la fin des années 90. Le concept était celui du partage du travail, et du partage du salaire  (ce qui n’était pas dit). J’exagère à peine, le politique avait laissé le soin aux partenaires sociaux de régler le point partage du salaire Nous savons ce qu’il en est advenu : l’ensemble des patrons de branches ont accepté une compensation salariale totale.

 Curieusement, la CGT cite les chiffres officiels, ceux de la DARES (la DARES est pourtant une émanation du Ministère du travail !), qui  estime que 350.000 emplois ont été créés grâce aux 35 heures. A cette époque le taux de chômage était de 9,6% de la population active, un peu moins qu’en début 2015.350.000 emplois en 2000 quand le PIB  augmentait de 3,9% en 2000, puis 2% en 2001, et 2 .700.000 en 2015, quand la progression du PIB se traîne loin des chiffres des années du début du siècle (0,3 % en 2012, 0,3% en 2013). Le compte ne semble pas y être…

 Mais Monsieur Martinez avance  un second argument :

 - « Il y a ceux qui ont du travail, qui en souffrent et qui en meurent, et ceux qui n’en ont pas, qui en souffrent et qui en meurent. Nous avons tous besoin de travailler moins pour que davantage de personnes puissent travailler. ». Vision un peu manichéenne, le travail c’est la souffrance. Oui, enfin, pas toujours heureusement.

 Nous comprenons, Monsieur Martinez veut évoquer les risques psycho-sociaux et estime que la réduction du travail est un bon moyen pour lutter contre ces risques. N’est-ce pas un peu court comme argument et Le risque psycho-social est-il soluble dans la durée du travail ?

 Monsieur Martinez ne semble pas comprendre ce qui se passe au sein des entreprises, la souffrance au travail pouvant être le résultat de plusieurs types de facteur (dont la surcharge de travail, certes).

 Au début du siècle, au moment du passage aux 35 heures, personne ne parlait des risques sociaux ou de souffrance au travail. Pourtant, nul doute que cette souffrance, déjà, existait.

 Mais encore à cette époque, n’était-elle pas prise en charge par les organisations syndicales parce qu’immergées, au moins en partie dans les revendications collectives portées par les organisations collectives.

 Aujourd'hui, nous avons le sentiment que la crise et la prééminence de l'économique et du financier ont tétanisé les organisations syndicales, laissant du coup émerger les RPS comme symptôme individualisé du conflit dans l'entreprise."  

 

Au moment où la CGT s’apprête à commémorer le 120ème anniversaire de sa naissance ( !), elle devrait plutôt s’interroger sur sa capacité à agir sur ce risque dans l’entreprise et à l’intégrer comme composante du dialogue social, surtout face aux ambitions refondatrices de Monsieur Gattaz.

 

 Bertrand Lumineau

 

1 Commémore et continue de perdre des plumes aux élections, dans la fonction publique, dans les grandes entreprises, publiques (EDF, SNCF, La Poste) et privées (PSA, ORANGE, AIR-FRANCE).
2 http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/02/11/philippe-martinez-la-cgt-n-est-pas-malade_4573955_3224.html.
3 Cet article à consulter de Stéphanie Diallo-Morin : https://www.cadre-dirigeant-magazine.com/manager/ressources-humaines-rh/ces-conflits-qui-se-cachent-dans-les-entreprises/.

 

 

La CGT perd des plumes aux dernières élections intervenues tant les grandes entreprises du public( La Poste, EDF, SNCF) que du privé (Air France, PSA, Orange, sans parler de son recul dans la fonction public. Est-ce si étonnant ?

Du trouble du comportement des organisations : le cas de la CGT

Une organisation peut connaître des troubles du comportement comme une personne.

Dernier exemple, la CGT à travers sa Fédération Nationale Mines Energie CGT.

Voulant gêner sans doute le premier ministre dans un déplacement politique avant une élection partielle, elle coupe l'électricité de la salle où celui-ci doit s'exprimer. Peut-être cette action se voulait-elle humoristique... Sauf que le savoir-faire de cette centrale en matière d’humour reste à démontrer...

- Le procédé est illégal, le motif en est politique : protester contre la loi de transition énergétique actuellement en discussion au sénat. Sauf que l’intervention d’un syndicat sur un sujet politique et sous cette forme pose question sur le plan légal. 

- D’autant plus que la coupure de courant a également eu comme effet de priver près de 2000 foyers d'électricité, donc, souvent, de chauffage dans une région où il ne fait pas chaud en hiver. Certes la coupure a duré moins d’une heure, mais quand même !

- Empêcher quelqu'un de s'exprimer est  anti-démocratique, ce qui est pour le moins étonnant de la part d'une organisation qui défilait l'autre dimanche pour la liberté d'expression. 

Mais, à l'époque, la tête de la CGT s'appelait Monsieur Le Paon, et, depuis, cette tête est tombée.

 

Alors pourquoi, direz-vous,  accuser la Fédération Nationale Mines Energie CGT  ? Je me trompe, elle n'a rien fait, lisons plutôt son communiqué : «La Fédération Nationale Mines Energie CGT et ses syndicats présents au rassemblement à Audincourt soutiennent la coupure d'électricité réalisée par les électriciens et gaziers lors du meeting. » 

Elle soutient mais ne reconnaît pas qu'elle est l'instigatrice de l'action… Courageuse, la Fédé, mais pas trop. En l’occurrence je dirais « pleutre », le mot semble convenir. Piètre image du syndicalisme.

 

Cela dit, ce n'est pas la première fois que nous constatons de graves troubles du comportement au sein de cette organisation : nous nous souvenons de grèves de juin à la SNCF, sur un sujet à consonance sociale certes, mais cette fois encore appartenant à la sphère politique, le rapprochement de Réseaux Ferrés de France et la SNCF sous le même holding. Et de l'image d'une organisation totalement à la dérive, à la traine de Sud, le secrétaire général Thierry Le Paon saluant des amendements au projet de réforme ferroviaire alors que le leader des cheminots, Gilbert Garrel, les qualifiait « d'enfumage ». Et des cortèges de manifestants de la CGT traversant les voies à la Gare Montparnasse sous l'œil éberlué de voyageurs en rade.

 

Et puis il y a cette « affaire » Le Paon, déclenchée de l'intérieur pour des raisons dont on a peine à croire qu'elles ont réellement à voir avec le coût de remise en état de son appartement, ou une quelconque prime de départ (seuls certains media ou syndicalistes de base naïfs ont pu avaler cette fable). 

 

Ce que nous voyons, simplement, c’est que la CGT perd la tête, au propre et au figuré.

Monsieur Le Paon démissionne moins de deux ans après avoir été désigné (et après quels atermoiements…), et l'homme pressenti pour jouer le rôle de Secrétaire général -la tête de la CGT- n'a pas été confirmé ni vraiment désavoué par le Comité confédéral national qui lui laisse une seconde chance.

Mais comme dit Jean-René Mouriaux : « On ne voit pas sur quelle ligne de fracture cela s'est joué ».*

 

Du coup, nous comprenons mieux que les négociations sur le dialogue social n'aient pas abouti (elles n'ont pas échoué non plus) : quelle confiance peut inspirer une organisation syndicale qui représente près de 27% des suffrages exprimés (toutes élections dans les entreprises du secteur privé confondues) aux interlocuteurs patronaux, déjà peu enclins à signer quoique ce soit en la matière ? 

 

                                                                                                      Bertrand Lumineau

 

 http://www.lejdd.fr/Societe/CGT-Philippe-Martinez-a-plus-de-legitimite-que-Thierry-Lepaon-selon-Rene-Mouriaux-715410--selon-Rene-Mouriaux-715410

 

L’autre jour, avec quelques bénévoles de mon association d’anciens, nous préparions une présentation que nous devons faire courant janvier à des élèves de CAP sur le sujet de l’entreprise.

Nous parlions des « devoirs » du chef d’entreprise, de la finalité de son action…A un moment, sur le slide nous avons écrit : « Assurer la pérennité de l’entreprise… ».

J’ai repensé à Alstom, et à la justification donnée par le conseil d'administration de cette société qui, à l’issue de la vente à General Electric et « au vu de la qualité de la transaction élaborée par le PDG »  , veut  récompenser Patrick Kron pour « ..avoir assuré un avenir pérenne à Alstom Energie ».

 

Pérenne…Je ne sais pas si les mots ont un sens, mais Patrick Kron, pour moi, n’a pas assuré un avenir pérenne à Alstom Energie, puisque son projet est de vendre l’activité énergie de cette société. Si nous voulons parler de pérennité, parlons plutôt de celle de GE (qui n’avait pas vraiment besoin de mettre la main sur Alstom pour assurer sa pérennité), mais pas de celle d’Alstom qui, à terme, va disparaître. 

Patrick Kron pourrait prétendre avoir voulu assurer la pérennité de l’activité énergie d’Alstom, en France ou ailleurs, peut-être, ou  la préservation des emplois liés à cette activité. Rendons-lui justice, il ne l’a pas fait, à juste titre puisque son objectif avoué, dans cette opération, était juste de permettre à certains des (gros) actionnaires de sortir d’Alstom – à bonnes conditions, s’entend. 

C’est bien le sens du super bonus que ces mêmes actionnaires ont promis à Patrick Kron s’il conduisait cette opération à terme. Après, Monsieur Kron se fiche comme d’une guigne de l’avenir d’Alstom, toutes branches confondues, il a déjà un mandat d’administrateur chez SANOFI et il a annoncé urbi et orbi qu’il ne resterait pas chez Alstom. On le comprend, piloter 30% d’Alstom ne peut suffire à un homme de son envergure. Ou, traduit plus prosaïquement, il est candidat à un poste encore plus juteux, pardon « rémunérateur » que celui qu’il aura occupé chez Alstom jusqu’à sa disparition.

Mais à ce niveau – il est question de 150.000 actions valorisées au cours actuel à hauteur de plus de 4 millions – on ne peut parler de « bonus », ni de «rémunération », qui sont la contrepartie d’un niveau de performance atteint par l’entreprise, ou du travail fourni pour celle-ci. Là, il s’agit plutôt d’un « cadeau » en récompense de bons et loyaux services à l’égard de quelques-uns, quelques actionnaires.

Le Monde a parlé d’indécence, je souscris tout à fait à ce mot, indécence…

A moins que Patrick Kron ne nous explique prochainement qu’il va allouer cette somme –ainsi que les autres sommes qu’il a tirées de l’attribution de stocks options Alstom - à une fondation quelconque consacrée par exemple à la culture, à la lutte contre les inégalités…

Notons que les quelques medias qui ont traité ce sujet, ne s’y sont pas attardés, préférant parler abondamment d’autres turpitudes.

Quant à Monsieur Gattaz, il n’a pas trouvé le temps de faire le moindre commentaire, trop occupé au dialogue social.

 

Bertrand Lumineau


L’autre soir, devant mon écran, j’ai eu la grande surprise de voir Monsieur Gattaz sur le plateau de l’émission « Le petit journal » sur Canal +, répondant aux questions de Yan Barthès.

Surprise parce que je ne m’attendais pas à retrouver le représentant de la plus grande organisation d’entreprises françaises participant à ce genre d’émission marquée par l’humour, la causticité, jusqu’à la dérision, l’analyse sans concessions des comportements des acteurs de la vie politique, sociale, artistique.

Il m’a semblé qu’il n’était pas dans son rôle. Même si je comprends qu’à titre personnel il ait souhaité montrer le visage d’un homme simple, empreint d’humour, parfois de modestie, doté d’esprit de répartie, parfois *. 

N’était pas dans son rôle non plus son alter ego à la tête de l’organisation des petites et moyennes entreprises, la CGPME, Monsieur Roubaud, le lendemain au micro de RTL : face à Madame Delga, secrétaire d’Etat chargée du Commerce, de l'Artisanat, de la Consommation et de l'Économie sociale et solidaire, il tempêtait contre l’avalanche de textes législatifs ou réglementaires, porteurs de contraintes toujours plus asphyxiantes pour les entreprises. Il menaçait de faire descendre ses mandants dans la rue en guise d’ultime moyen. 

Le motif de sa colère était la parution de cette loi - et du décret - obligeant les propriétaires d’entreprise de 250 salariés et moins à informer leurs salariés de leur intention de vendre l’entreprise : les salariés et les clients, prédisait-il, vont partir dès qu’ils vont apprendre le projet de cession de l’entreprise, et je ne retrouverais plus d’acheteurs puisque les plus compétents de mes salariés et l’essentiel de mes meilleurs clients partiront.

Bel hommage rendu aux salariés, bien qu’inattendu, certes, mais argument combien fallacieux sous-tendu par l’idée suivante : moi, propriétaire de l’entreprise, je suis irremplaçable, je suis le seul à pouvoir développer l’activité, la pérenniser, après moi le déluge. 

Il doit y avoir un petit moment que Monsieur Roubaud a quitté l’entreprise, sinon il saurait…(mais laissons-le dans l’ignorance) qu’aucun de nous - même lui – quel que soit le poste occupé dans l’entreprise n’est irremplaçable…

Sur le plan de la communication ces deux éminents représentants d’entreprises ne feraient-ils pas fausse route ?

Monsieur Gattaz doit parler de l’entreprise, pas de lui, peu importe qu’il soit gentil ou pas, plein d’humour ou pas. 

Monsieur Roubaud émet de  mauvais messages : le dialogue social dans la rue, et le secret comme mode de gouvernance… C’est au mieux complètement obsolète.

                                                        ***

Dans le même temps le think tank  Entreprise et Personnel sort une note de conjoncture tout à fait intéressante, surtout sur l’image de l’entreprise, et la représentation que les salariés s’en font : 

Partant du constat d’une société française « déboussolée, sans projet collectif, une société où le climat social semble ne pas avoir de ligne de force ni d’acteurs en mesure de l’orienter », parlant même « de crise de la citoyenneté », les auteurs constatent que les salariés ont tendance à se « replier » vers l’entreprise, mieux à même que l’Etat ou d’autres acteurs intermédiaires de trouver des solutions à la crise. 

Il n’y a plus de temps à perdre : Messieurs Roubaud et Gattaz qui croient eux aussi à l’entreprise auraient tout intérêt à méditer ce constat, et pas seulement dans leur communication, et à agir.

Et ils en ont actuellement l'opportunité puisqu'ils discutent dialogue social avec les organisations de salariés. "Sortir des postures" disent les auteurs de la note Entreprise et Personnel...comme levier de réussite de cette négociation...Allez ! chiche !

Bertrand Lumineau

* mais aussi sans voix quand son interlocuteur plutôt gentil parait le malmener : en contrechamp défile une séquence dans laquelle Gattaz père dit sans ambages que la transmission d'une entreprise à ses descendants n'est pas une bonne chose...

A propos du dialogue social

jeudi, 25 septembre 2014 08:37

Au sujet des seuils...

Je ne voudrais donner l'impression de m'acharner contre M. Gattaz, mais je trouve absurde qu'il accepte de porter la question des seuils sociaux sur la table de la négociation nationale, qui plus est au nom du dialogue social.
Car, derrière cette question des seuils, de quoi est-il question ?
- Des obligations nouvelles qui s’imposent successivement aux entreprises qui atteignent progressivement les seuils de 10, 20, 25, 50 salariés (la CGPME en compte 35, l’Express plus d’une centaine) ?
- Ou, plus prosaïquement, des institutions de représentation du personnel qui effectivement s’imposent au fur et à mesure de l’atteinte de ces seuils ? (relativisons tout de même : l’employeur doit organiser les élections, mais très souvent, il n’y a pas de candidats…)
Faites « seuil sociaux » sur Google et vous aurez la réponse à travers toute une série d’articles qui tournent tous presqu’exclusivement autour de cette question, et très peu des autres obligations, notamment en terme de cotisation. 1(lire notamment ce qu'en écrit le think tank IFRAP sur le sujet, c'est hilarant).
Ainsi, les entreprises auraient peur de leur personnel et de ses représentants, délégués du personnel ou membres du comité d’entreprise, peur des délégués syndicaux  ? Et moi qui pensait que les chefs d’entreprise étaient prêts à se confronter à toute sorte de risque ? Tous, sauf celui de discuter avec leur personnel et/ou leur représentants ?
Je pense qu'il serait bien pusillanime - et bien peu "entrepreneur" celui qui s'abstiendrait d'embaucher son vingtième ou son cinquantième salarié de peur de voir s'installer dans sa société quelques délégués du personnel ou un comité d'entreprise. Où est le risque ?
Et doit-on avoir peur des syndicats quand on voit dans quel état ils se trouvent aujourd’hui ?
Je pense qu’au contraire, sur ce thème M. Gattaz devrait être pédagogue, et que son rôle devrait être de convaincre ses pairs petits ou grands de l’apport dans leur entreprise de la représentation du personnel, directe ou par l’intermédiaire des syndicats.
Entendons-nous bien : je ne dis pas qu'on ne doit absolument pas remettre en cause ces institutions représentatives du personnel, mais simplement dans leur forme actuelle qui date...du front populaire...et de la libération ou de 1968…
Sous leur forme actuelle, n'ont- elles pas fait leur temps ? Et ne devraient-elles pas être modernisées, simplifiées, notamment pour éviter l'empilement des concepts néfaste à un vrai dialogue : délégué du personnel, avec titulaires et suppléants, comité d'entreprise, avec titulaires et suppléants, comité de groupe, avec titulaires et suppléants, comité central d'entreprise, comité d'hygiène et des conditions de travail, section syndicale, délégué syndical, central et de site, représentant syndical au comité d'entreprise, (nouveau) représentant syndical, celui de la loi d'août 2008...

Bref, avec tout cet ensemble aux missions qui se recouvrent ou s’interpénètrent, on ne s'étonne pas que ledit dialogue social soit parfois inaudible, et il n’est pas étonnant pas que les syndicats aient perdu de leur efficacité et de leur crédibilité dans leur tentative désespérée de pourvoir tous ces postes par des salariés différents (protection oblige !), malheureusement pas toujours impliqués, pas toujours formés, pas toujours organisés, pas toujours managés.

Ce n’est pas en multipliant les instances qu’on renforcera le poids des organisations syndicales dans ou hors de l’entreprise, mais plutôt en redéfinissant leur statut et en leur donnant la possibilité de disposer de moyens pour jouer leur vrai rôle au service de leurs mandants, pour l’entreprise.

Bertrand Lumineau 

 

1http://www.ifrap.org/Temoignage-d-un-entrepreneur-sur-l-effet-des-seuils-sociaux,14380.html

 

 

 

 

De l'autre côté du miroir n° 8

dimanche, 25 mai 2014 16:14

Du leadership du lion et de sa traduction en droit français…

Ou les cas Lévy, Lafont et Kron

Pour mieux suivre l’actualité marquée en ce début d’année par une recrudescence d’OPA, de fusions, de vente ou d’achat partiels de sociétés, je me suis inscrit à un mooc de France Université Numériques sur le droit des entreprises. Je ne sais pas si je vais améliorer ma connaissance du monde du business fin de crise. Mais déjà j’aurai mieux compris la notion de « clause léonine » ou part du lion… en lisant ce petit conte l’illustrant, posté en commentaire par un des étudiants :

Le lion, le loup, et le renard (AL-QALYÛBI (1580- 1659)

Un lion, un loup, et un renard se lièrent d’amitié et décidèrent de sortir pour aller à la chasse.
Ils attrapèrent un âne sauvage, un lièvre et un cerf.

Le lion s’adressa au loup : « Partage entre nous trois. »
Le loup dit : « Ecoute, tout cela me parait simple : l’âne est pour toi, le lièvre pour Renard, et je prends le cerf ! ».

Le lion d’un coup de patte lui fit voler la tête loin du corps. Puis il s’adressa au Renard : »Ah ! que notre ami est ignorant dans l’art du partage ! Vas-y toi, procède à la répartition de notre chasse ! »

Le renard s’approcha et déclara : « Cela me semble évident : l’âne est pour le déjeuner de sa majesté, le cerf est pour son diner, et le lièvre est pour son gouter, entre ces deux repas. »

« Que tu es juste ! » s’écria le lion, qui t’a inculqué ce sens de la justice ?

« C’est de voir la tête du loup séparée de son corps, à l’instant. »

N’y voyez aucun lien avec ce qui va suivre…quoique…

Ecoutant l’autre soir Monsieur Lévy expliquer les raisons de la rupture entre son groupe et Omnicom, cette notion d’équilibre à sauvegarder de son point du vue, je me demandais s’il ne s’était pas carrément trompé de sujet :
Quand on prétend « fusionner » deux entreprises, c’est pour les immerger dans une nouvelle au point qu’on ne puisse plus distinguer les traces des deux anciennes. Et si Monsieur Lévy explique qu’il voulait préserver l’équilibre prétendu entre les deux entreprises, il admet deux erreurs
- Il s’est égaré sur le concept, il ne voulait pas « fusionner » (« s’immerger » dans un nouvel ensemble, il voulait au mieux se marier (garder son individualité, l’enrichir), au pire, faire un coup (lequel et au profit de qui… ?) ,
      (mais du coup, il a fait preuve de naïveté, il a dénié la part de lion qui l’habite),
- Il s’est fourvoyé dans la composition de son équipe projet : aux multiples juristes, fiscalistes, consultants, communicants, il fallait y intégrer un staff de psychologues pour l’ aider sur le plan humain (humain ?)…

Pour ne pas l’avoir fait, voilà chacune des deux équipes en butte au questionnement légèrement ironique de leurs clients (qui s’en fichent un peu), de leurs actionnaires (quel effet sur le cours de l’action ?), mais surtout des collaborateurs qui eux, ont aussi besoin au quotidien de voir le sens de cet aller-retour…Sur ce plan, il y a nécessité d’engager une nouvelle équipe de communicants, de crise…

A ce propos – la fusion entre égaux - quand je vois les efforts déployés par M. Lafont, PDG de Lafarge (la partie suisse ne s’exprime pas en France…pourquoi ?) pour convaincre les différents interlocuteurs qu’il rencontre (et il en rencontre beaucoup) du bienfondé de cette « fusion entre égaux »1 , je me demande s’il ne fait pas mine de commettre la même erreur que Monsieur Lévy, juste le temps de la préparation de ladite fusion, lui-même étant assuré de son avenir…

Monsieur Kron, lui, est un fin renard. Il anticipe, il sait que son entreprise n’est pas de taille, donc il la vend sans barguigner à GE. D’autant que son actionnaire principal, Bouygues, a des fourmis dans les jambes et souhaite quitter le navire. Et on comprend qu’il agisse ainsi puisqu’il est lui-même membre du Conseil d’administration de Bouygues2 . Nous pouvons donc répondre à la question de Pierre-Yves Gomez Le Monde du 6 mai 2014, « Qui décide pour Alstom ? »3 .
Simple, c’est Bouygues.
Sauf qu’un grain de sable s’est glissé dans les rouages de cette parfaite machinerie (il est polytechnicien ET ingénieur des Mines), il a péché par excès de confiance, et il a manqué d’empathie, bref, il a négligé le facteur humain.
Du coup, sans que cela ait un lien de cause à effet, Bouygues aujourd’hui en danger face à un autre prédateur annonce un plan social de 2000 postes. Donc 2000 salariés pour lesquels la question du sens sera résolue.

De beaux exemples de leadership qui interrogent sur la gouvernance d’entreprise.

 

Bertrand Lumineau 


1 jusqu’au nom du nouvel ensemble,ce « mastodonte » qui fait saliver certains commentateurs) qui s’appellerait LafargeHolcim (sic) : comme si nous pouvions croire à un nom aussi abracadabrantesque !
 2 Depuis, Monsieur Kron a été nommé administrateur de SANOFI. Le 5 mai. Il a donc aussi anticipé son avenir personnel. Qui le lui reprocherait ?

 3 http://www.lemonde.fr:economie/article/2014/05/05/qui-decide-pour-alstom_4411533_3234.html


Sur un autre registre – mais qui touche tout autant la question de la gouvernance de l’Entreprise – cet article d’Isabelle Ferreiras dans L1, le journal de l’ancien directeur du Monde, Eric Fottorino, « Pour l’affranchissement des salariés dans l’entreprise », dont je vous citerai juste la première phrase : «  L’entreprise capitaliste actuelle ressemble singulièrement à une Angleterre gouvernée par une seule chambre des Lords.»

 

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