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Je ne suis pas un spécialiste de l'économie, ni du politique, mais je trouve intéressant le débat engagé autour du revenu universel parce qu'au centre de ce débat, il y a la question de la pauvreté, avec tout ce qu'elle charrie de souffrance, d'exclusion, d'injustice.

Lutter contre la pauvreté et chercher à l’éradiquer me paraissent une cause juste.

Toutefois, au sujet du revenu universel, je me pose quelques questions :

- de quelle pauvreté parle-t-on ? la pauvreté monétaire ?

- à combien d’euros par mois commence-t-elle ? 500 €, 700 €, 800 € ?

- sur quel territoire le revenu universel se déploiera-t-il ?

Ce revenu est-il une réponse à l’augmentation inexorable du chômage que prédisent certains ?

Certes, en France et dans certains pays du Sud de l’Europe, le taux de chômage atteint un niveau inquiétant et pérenne. Mais est-ce dû à une soi-disant raréfaction du travail, qui, elle, serait due à la robotisation et aux algorithmes ?

Dans les pays de l'Europe du Nord, en Allemagne, aux USA, qui vivent  la même révolution numérique, le chômage est beaucoup plus limité.

Autre point qui peut faire question : si la société attribue aux citoyens un "revenu",  faut-il exiger une contrepartie à ce revenu ? Si oui, de quelle nature ? A quoi devra ressembler cette contrepartie ? Dans quel secteur de la vie de la société interviendrait-t-elle ?

Et si le revenu universel doit entraîner une diminution de ceux et celles qui chercheront un travail, est-il sûr que le partage du temps de travail soit également une réponse opportune au chômage ? N'a-t-on pas fait une telle expérience en France, il n’y a pas si longtemps, en instaurant les 35 heures (diminution de 11% du temps de travail) sans conséquence durable (et même immédiat) sur l'emploi ? 

Enfin ne serait-il pas temps de s'interroger sur la réintégration dans le concept travail d'une série d'activités qui en sont exclues : travail des enfants à l' école, des jeunes au collège ou en lycée, travaux domestiques (travail quand une personne extérieure à la famille s'y colle, mais non travail quand c'est un membre de la famille qui le fait, la femme le plus souvent), travail d’accompagnement des aidants, travail réalisé bénévolement*. Sans compter toutes les tâches que les organisations ou les entreprises toujours plus numérisées abandonnent aux usagers ou aux clients quand autrefois leurs salariés s’en chargeaient en étant payés. 

Peut-on envisager de rémunérer ce travail ?

 

Et pour rassurer les angoissés de la révolution numérique, l'autre jour, j'entendais un dirigeant d'une mutuelle expliquer comment l'algorithme avait permis de réorganiser l'entreprise en automatisant le travail de liquidation de dossiers et en redéployant les salariés vers des activités d'écoute, de conseils, de services : n'y aurait-il pas là une piste d'amélioration du service, de la qualité, et concomitamment, de l’emploi ?

Depuis la fin des 30 glorieuses, les entreprises passent leur temps à diminuer les effectifs pour gagner en compétitivité. Le résultat est clair : il n’a jamais été autant question de la souffrance au travail, le travail s’est déshumanisé, il a perdu de son sens… (Et le passage aux 35 heures n’a rien arrangé, les entreprises se refusant à embaucher pour compenser le temps disparu puisque le salaire était maintenu, accentuant encore la pression sur leurs salariés).

D'où cette idée, que les entreprises se réorganisent, se restructurent, cette fois en embauchant pour ramener un peu de qualité  dans la vie au travail, et faire tomber la pression, dissoudre les tensions...Cela n’aurait-il pas plus de sens que de se doter de Chiefs Officer Happiness ?

 

Sauf qu'attendre cela des mêmes entreprises qui ont bénéficié de 40 milliards de charges sans contrepartie, c'est sans doute aussi une belle utopie....

 

Bertrand Lumineau

*et notamment celui fait par la multitude des délégués syndicaux de toute obédience, dont il ne faut pas, du coup, se plaindre s'ils ne sont pas vraiment "professionnels" dans leur pratique ?

  

Je ne suis pas un spécialiste de l'économie, ni du politique, mais je trouve intéressant le débat engagé autour du revenu universel parce qu'au centre de ce débat, il y a la question de la pauvreté, avec tout ce qu'elle charrie de souffrance, d'exclusion, d'injustice.

Lutter contre la pauvreté et chercher à l’éradiquer me paraissent une cause juste.

Toutefois, au sujet du revenu universel, je me pose quelques questions :

- de quelle pauvreté parle-t-on ? la pauvreté monétaire ?

- à combien d’euros par mois commence-t-elle ? 500 €, 700 €, 800 € ?

- sur quel territoire le revenu universel se déploiera-t-il ?

Ce revenu est-il une réponse à l’augmentation inexorable du chômage que prédisent certains ?

Certes, en France et dans certains pays du Sud de l’Europe, le taux de chômage atteint un niveau inquiétant et pérenne. Mais est-ce dû à une soi-disant raréfaction du travail, qui, elle, serait due à la robotisation et aux algorithmes ?

Dans les pays de l'Europe du Nord, en Allemagne, aux USA, qui vivent  la même révolution numérique, le chômage est beaucoup plus limité.

Autre point qui peut faire question : si la société attribue aux citoyens un "revenu",  faut-il exiger une contrepartie à ce revenu ? Si oui, de quelle nature ? A quoi devra ressembler cette contrepartie ? Dans quel secteur de la vie de la société interviendrait-t-elle ?

Et si le revenu universel doit entraîner une diminution de ceux et celles qui chercheront un travail, est-il sûr que le partage du temps de travail soit également une réponse opportune au chômage ? N'a-t-on pas fait une telle expérience en France, il n’y a pas si longtemps, en instaurant les 35 heures (diminution de 11% du temps de travail) sans conséquence durable (et même immédiat) sur l'emploi ? 

Enfin ne serait-il pas temps de s'interroger sur la réintégration dans le concept travail d'une série d'activités qui en sont exclues : travail des enfants à l' école, des jeunes au collège ou en lycée, travaux domestiques (travail quand une personne extérieure à la famille s'y colle, mais non travail quand c'est un membre de la famille qui le fait, la femme le plus souvent), travail d’accompagnement des aidants, travail réalisé bénévolement*. Sans compter toutes les tâches que les organisations ou les entreprises toujours plus numérisées abandonnent aux usagers ou aux clients quand autrefois leurs salariés s’en chargeaient en étant payés. 

Peut-on envisager de rémunérer ce travail ?

 

Et pour rassurer les angoissés de la révolution numérique, l'autre jour, j'entendais un dirigeant d'une mutuelle expliquer comment l'algorithme avait permis de réorganiser l'entreprise en automatisant le travail de liquidation de dossiers et en redéployant les salariés vers des activités d'écoute, de conseils, de services : n'y aurait-il pas là une piste d'amélioration du service, de la qualité, et concomitamment, de l’emploi ?

Depuis la fin des 30 glorieuses, les entreprises passent leur temps à diminuer les effectifs pour gagner en compétitivité. Le résultat est clair : il n’a jamais été autant question de la souffrance au travail, le travail s’est déshumanisé, il a perdu de son sens… (Et le passage aux 35 heures n’a rien arrangé, les entreprises se refusant à embaucher pour compenser le temps disparu puisque le salaire était maintenu, accentuant encore la pression sur leurs salariés).

D'où cette idée, que les entreprises se réorganisent, se restructurent, cette fois en embauchant pour ramener un peu de qualité  dans la vie au travail, et faire tomber la pression, dissoudre les tensions...Cela n’aurait-il pas plus de sens que de se doter de Chiefs Officer Happiness ?

 

Sauf qu'attendre cela des mêmes entreprises qui ont bénéficié de 40 milliards de charges sans contrepartie, c'est sans doute aussi une belle utopie....

 

Bertrand Lumineau

*et notamment celui fait par la multitude des délégués syndicaux de toute obédience, dont il ne faut pas, du coup, se plaindre s'ils ne sont pas vraiment "professionnels" dans leur pratique ?

  

Comment lutter comment la discrimination ?

dimanche, 18 décembre 2016 21:45

Pour lutter contre les discriminations de toutes sortes, pas besoin de faire une loi qui va s'ajouter à une loi, qui elle-même va s'ajouter à une loi plus ancienne, qui elle-même.....Bien, vous avez compris de quel pays il s'agit...

Chez Microsoft, la Direction a décidé de prendre le taureau par les cornes : le bonus des responsables sera dorénavant lié aux progrès réalisés pour améliorer la diversité sociale.

Bien sûr, cette mesure pourrait être détournée, donc d'autres mesures soont prévues : amélioration des offres d'opportunités de carrières intéressantes pour les femmes et les minorités, formations internes sur les pratiques d'embauche inclusives ou la prise de conscience des préjugés, campagnes de recrutement visant des personnes d'origines variées, poursuite d'investissements dans l'éducation.

Tel est le programme rapporté par le Parisien dans son édition en ligne du 18 novembre dernier.*

*http://www.leparisien.fr/high-tech/microsoft-les-bonus-des-responsables-lies-a-la-diversite-sociale-18-11-2016-6344247.php

 

 

 

Rappelons-nous, le 7 septembre dernier, tombe une dépêche AFP, aussitôt reprise par l’ensemble des medias : Alstom1  va arrêter, d'ici à 2018, la production de trains sur son site de Belfort. Cette activité, ainsi que l'ingénierie, sera transférée sur l’usine de Reichshoffen, dans le Bas-Rhin.  Resteront à Belfort 80 postes, les 400 autres salariés se verront proposer un transfert vers les sites d'Alstom en France. Raison invoquée : une chute de 30 % des commandes d'ici à 2018.

Comme l’écrit Le Monde2 le lendemain  : « Salariés et syndicats balancent entre sidération, inquiétude et colère après l’annonce ». 

MM. Sapin et Sirugue3   convoquent d’urgence à Paris le PDG d’Alstom, Henri Poupart-Lafarge4 , pour lui faire part « de leur incompréhension du caractère soudain et non concerté de cette annonce5 » .

Deux lignes du Figaro résument la situation :  «Colère et sentiment de «trahison» des citoyens et élus locaux, réunion de crise à l'Élysée, agitations et commentaires acerbes de politiques toutes part6» .

***

Moins d’un mois plus tard, après un suspense à couper au couteau, Alstom Belfort est sauvé, l’Etat va commander 15 TGV à Alstom, la SNCF va acheter six rames TGV et commander 20 locomotives dépanneuses, et Alstom elle-même va investir pour faire de Belfort un centre de maintenance.

Certes, les 15 TGV vont être affectés au réseau  Intercités - notamment aux lignes Bordeaux-Marseille et Montpellier-Perpignan - et ne rouleront pas au maximum de leur vitesse. C’est complètement ridicule, mais l’usine Alstom de Belfort survivra et les compétences seront préservées ; c’est bien là l’essentiel, n’est-ce pas ?

***

Sauf qu’on nous a sans doute raconté une belle histoire, une histoire à connotation sociale, 400 salariés ultra compétents ne seront pas obligés de déménager à Reichshoffen (ou ailleurs), et leur savoir-faire sera préservé pour être utilisé lors de la mise en chantier du TGV du futur à l’aube des années 2020 !

-Mais beaucoup de ces experts ont déjà quitté l’usine de Belfort et Alstom – ils étaient 1400 en 1990 ! – sans alarmer personne. Et d’autres partiront encore avant la mise en chantier des TGV du futur vers 2020/2021. 

D’ailleurs cette « expertise » TGV sera-t-elle bien utile pour construire les TGV du futur ?

-Reprenons : l’annonce du 7 septembre 2016 a été faite à l’usine de Belfort, de façon tout à fait informelle, par convocation des délégués syndicaux du site par la direction, puis par la tenue de réunions par petits groupes des salariés du site le même jour… 

Quand elle aurait dû l’être au Comité Central Entreprise d’Alstom puisqu’elle concernait l’ensemble des sites français qui avaient vocation à accueillir les salariés reclassés de Belfort.

Mais aucune plainte de l’Inspection de travail n’a été déposée, et aucun leader syndical, local ou national,  n’a trouvé à redire sur la procédure d’information du personnel 7.

Curieuse timidité de la part d’un monde syndical encore chauffé à blanc par la loi El Khomri, non ?

-Et si nous revenons deux ans en arrière : le délégué de la CFDT, Olivier Kohler est interviewé dans le Monde du 18 décembre 20148 . Que dit-il ?

« Les salariés sont à la fois inquiets et fatalistes » résume Olivier Kohler. « Pour le moment, il fait encore beau, mais on attend l’orage. »

A Belfort, la Traction peut-elle être viable avec deux fois moins de salariés ? « On pense que non », poursuit le syndicaliste. « La perte de savoir-faire et de compétences serait telle qu’on ne serait plus en mesure de répondre à des appels d’offres pour les types de machines que l’on produit aujourd’hui. La direction a, semble-t-il la volonté de modifier notre outil industriel : l’établissement ne fabriquerait plus du matériel neuf, mais se spécialiserait dans la maintenance, la réparation, la remise aux normes. Entre 50 et 150 personnes suffiraient alors. »

En deux mots, Kohler savait déjà ce qui allait se passer à Belfort près de 2 ans plus tard. Et il avouait que la soi-disant compétence inestimable des salariés du site n’existe plus. 

***

Tout sauf une surprise cette annonce du 7 septembre !

Mais les medias ont tous marché comme un seul homme. 

Sauf que nous ne sommes pas forcés de croire à ce qui ressemble aujourd’hui9  à une petite manipulation. 

Bertrand Lumineau

1Alstom qui vient d’annoncer, fin août, une commande de 28 trains à grande vitesse pour l'Américain Amtrack, et vient d’être choisi par la SNCF comme partenaire pour la conception d’un nouveau train à grande vitesse.

2http://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2016/09/08/pour-les-ouvriers-alstom-de-belfort-c-est-un-gros-coup-de-massue_4994505_1656968.html

3Ministres, mais qui affirment tomber des nues. Pourtant, l’Etat siège au Conseil d’Alstom depuis la vente de 70% de l’activité de la société à General Electric en 2014 : Bouygues a prêté ses actions à l’Etat.

4Henri Poupart-Lafarge, polytechnicien, comme son prédécesseur, Monsieur Kron. Mais lui a fait les Ponts, quand son prédécesseur a fait les Mines.

5http://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2016/09/08/pour-les-ouvriers-alstom-de-belfort-c-est-un-gros-coup-de-massue_4994505_1656968.html

6http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/explicateur/2016/09/12/29004-20160912ARTFIG00262-alstom-ce-qu-il-faut-savoir-pour-comprendre-la-crise.php

7Personne, ni media, ni personnel politique ne s’est posé de questions sur cette procédure « atypique »…

8http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/12/18/rep-a-belfort-le-spleen-de-la-traction_4542809_3234.html

9Alstom aurait des visées sur Thalès…

 

Vous êtes  le maître de monde (enfin presque, vous êtes à la tête d’un empire, appelons-le 3Z – valant plusieurs milliards- acheté à crédit), vous voulez vous développer –encore-, à crédit –toujours- vous jetez votre dévolu sur une nouvelle société – appelons-la 4SSS - , bien sûr, d’autres groupes ont envie de 4SSS, notamment le groupe 5BBB.
 "Les entreprises 3Z et 4SSS sont complémentaires. Nous allons associer deux entreprises à forte dynamique pour un projet de croissance",
expliquez-vous aux media, et vous ajoutez que vous ne procéderez « à aucun licenciement collectif économique du fait de la rationalisation de structure des entreprises concernées par la cession.»
Le PDG du groupe vendeur –4SSS- explique pourquoi il a choisi votre groupe, 3Z :
« 5BBB et 4SSS font des métiers très proches. Il y aurait eu 4000 à 6000 personnes en trop, sans compter les sous-traitants. La situation aurait été difficile à gérer, alors même que 5BBB s'était engagé à ne pas licencier pendant trois ans."
Pour enlever le morceau d’ailleurs, vous n’avez pas été avare d’engagements, notamment en matière d’emploi, vous signez un accord avec le gouvernement, garantissant un maintien de l’effectif pendant 3 ans.
24 mois plus tard, vous annoncez que le nouveau groupe est en sureffectif, 5000 emplois en trop,
Mais, dites-vous,
"Les gens ont horreur des chefs d'entreprise qui font de la politique, qui ne disent pas ce qu'ils vont faire, qui font semblant. Quand on parle à quelqu'un, si on lui dit les choses dès le début ça se passe très bien".
Le manager de choc que vous avez engagé1  développe vos propos quelques jours plus tard, les engagements seront tenus mais la garantie de maintien de l'emploi est, dit-il, une "situation inédite, frustrante pour les salariés et [...] pénalisante pour l'entreprise", il compte bien la corriger. Et vite, dès la fin de cette période du gel des emplois (3 ans). Cette restructuration est nécessaire, le "marché est très difficile", le groupe doit garder sa compétitivité, "des adaptations seront nécessaires".
Pour illustrer les difficultés rencontrées, un résultat net semestriel négatif est annoncé.
Dans la foulée, un plan de départs – volontaires - est conclu avec certaines organisations syndicales, plan résolument généreux, coût annoncé entre 600 et 800 millions d’euros, soit de 120.000 à 160.000 euros par salarié.
Oui, bien sûr, vous avez reconnu l’histoire de la fusion Numericable-SFR, avec Messieurs DRAHI et COMBES dans le rôle des acteurs principaux.
Précisions :
- le prétendu engagement de 3 ans court depuis la mi-2014, et non depuis la date de fusion effective de Numericable et de SFR, novembre 2014. Donc il s’agit d’un engagement réel de 30 mois et non 36.
- à l’origine, l’effectif de SFR était de 9000 salariés, et celui de Numéricable, de 2000. Aujourd’hui, l’effectif du groupe serait de 14.500 salariés2 , mais le prix à payer pour l’ensemble originel SFR-Numéricâble3  sera de 4000 emplois en moins. Et Monsieur Fourtou, PDG de SFR, expliquait qu’en termes d’emploi, le prix d’une vente à Bouygues aurait été trop coûteuse, de 4000 à 6000 emploi !
En tout état de cause le résultat semestriel négatif annoncé est principalement dû à des coûts exceptionnels liés au refinancement majeur intervenu en avril 2016 (221 millions d’euros). Hors l’impact de ce refinancement, le résultat net aurait été positif à +178 millions d’euros4 .
Petit rappel, Monsieur COMBES est le « sauveur » de la société ALCATEL qui était malade. Mais l’a-t-il sauvée ou vendue ? Ce qui est sûr, c’est qu’il a supprimé un quart de l’effectif mondial, soit 20.000 postes 5.
Donc un expert, mais pas forcément en matière de business, ni de management, ni de gouvernance.
Nous attendons les réactions imminentes de Messieurs GATTAZ6 , très emmêlé dans les affaires de représentativité du MEDEF, et contrarié par son opposition interne, de Messieurs MARTINEZ et MAILLY 7, BERGER et BERILLE 8, HOMMERIL, le nouveau secrétaire de la CFE-CGC.

 

 Bertrand LUMINEAU

 Citations du début du texte :
http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/rachat-de-sfr-par-numericable-une-bonne-nouvelle-pour-l-emploi-et-les-clients_1506834.html
http://www.generation-nt.com/sfr-operateur-michel-combes-sureffectif-correction-actualite-1930537.html

 1Pour faire jouer les synergies (sic)
2Par intégration de filiales, notamment de distribution.
3Sociétés qualifiées de « complémentaires » par Monsieur DRAHI lui-même avant la fusion
4Voir communiqué de presse du 6/08/2016, « Résultats du 2ème semestre 2016 ».
5Et d’engranger au passage 13,7 millions de bonus à titre personnel. Somme ramenée à 8 millions seulement, certains esprits malveillants ayant mis en doute la validité juridique et le bienfondé de ce bonus.
6Très emmêlé dans la question de la représentativité du MEDEF,
7Sans doute en train de se ressourcer après leurs randonnées épuisantes dans les rues de Paris au printemps.
8Dont le syndicat interne Numericable-SFR a signé le plan de départs – volontaires -…

 

 

 

Pas sûr que la loi El Khomri soit si désavantageuse que cela pour les salariés.

Expliquons-nous.

En France, nous vivons avec une conception de la loi du travail comme protectrice des salariés. 

Oui, sans doute, pendant toute une période allant des débuts de l’industrialisation jusqu'à la fin des 30 glorieuses, voire un peu au-delà, le législateur a desserré l’étau comprimant la vie au travail du salarié en France.

Mais depuis, cette loi a-t-elle bien continué à jouer ce rôle. Ou alors de quelle protection parle-ton et pour qui ?

Depuis les 35 heures et les 5 semaines de congés, jamais le nombre de licenciements n’a été plus important, jamais le nombre de chômeurs n'a été si grand 2.

Qui peut dire honnêtement que la loi a empêché les licenciements dits boursiers ? Les délocalisations ? Ou le dépeçage de certaines grandes entreprises françaises (Alstom, Alcatel, Lafarge pour ne citer que les dernières en date) pour des raisons pas toujours très claires, et pour le plus grand profit des actionnaires .  

Oui, nous avons entendu parler de luttes, parfois violentes, nous en avons vu les images. Et après ? Qui a gagné ? Qui a perdu ?

Oui, il y a eu des luttes, des combats, mais d'arrière-garde, tous perdus inexorablement par les salariés, menés souvent par leurs représentants s'imaginant chaque fois rejouer un épisode de la lutte des classes.

Un droit du travail protecteur ? Mais faut-il méconnaître à ce point la réalité de l'entreprise ? Qu’en pensent les 5 millions de chômeurs ? Qu’en pensent la majorité des femmes salariées de ce pays toujours allègrement discriminées quand les textes de loi sur l’égalité Hommes-Femmes s’empilent ? Qu’en pensent les jeunes (notamment celles et ceux issus de la « diversité »), premières victimes du chômage mais qui payeront la dette garante des « droits acquis » de leurs aînés ? Qu’en pensent  les travailleurs touchés par le handicap ? Qu’en pensent les stagiaires ?

En réalité, les salariés français bercés par la vision d'un droit du travail protecteur (quand il n'est que complexe) ont peu à peu déserté le champ du débat social, voire de la lutte sociale, à un moment où les antagonismes sociaux n’ont pas cessé de s’intensifier, et ils ont été impuissants à agir en matière d’emploi, de salaire, d’organisation, de pouvoir.

Et leurs organisations arc-boutées sur une représentation défensive de la réalité de l’entreprise selon laquelle droits acquis  et progrès social vont de pair, n'ont pas peu contribué au démantèlement de leurs propres forces : aujourd’hui le taux de syndicalisation dans le secteur privé plafonne à peine à 8% au plan national : peut-on encore parler de leur « représentativité»  ?

Alors un projet de loi régressive  ? C’est vrai, sur un certain nombre de points, elle marque une remise en cause de la loi actuelle, notamment sur la durée du travail…

Mais si cette loi avait pour conséquence de sortir les salariés de leur passivité ? Après tout, demain ils détiendront le pouvoir de discuter avec leur employeur dans l’entreprise, en face à face, et d’aborder certains sujets, aujourd’hui confisqués par le législateur ou les apparatchiks des branches professionnelles. 

Du coup, le champ du débat social, de la lutte sociale, ne va-t-il pas se ré-ouvrir, se réanimer pour une meilleure régulation sociale, c’est-à-dire plus équilibrée ? Pour le plus grand profit des salariés, de l’entreprise, des citoyens ? 

 

Bertrand Lumineau

 

[1] Lire « Rôles de zèbres » de Virgil Scurv , http://www.bestiaire-intime.org/home.

[2] Et sur le lieu de travail nous avons même  constaté l’apparition d’une menace nouvelle, le RPS, affectant santé physique ou mentale d'un nombre croissant de salariés, de plus en plus exposés au burn-out, et même au bore-tout. 

[3] Et de certains dirigeants, n’est-ce pas messieurs Kron, Combes Laffond ?

[4] Droits acquis, mais souvent à crédit, rappelons-nous les déficits abyssaux de certaines institutions, la dette que les jeunes générations vont devoir honorer.

[5] Idem en matière de représentativité patronale, qui ne sert qu’à maintenir les situations de certains. 

[6] ayant relu récemment « Germinal » d'Emile Zola (1885), nous nous éviterons néanmoins le ridicule de prétendre que cette loi nous fait revenir au XIX° siècle.ngue (ou très longue) durée, ceux-ci étant ensuite indemnisés par l’UNEDIC, donc, en partie, par les salariés eux-mêmes. Solution de facilité utilisée par toutes les entreprises, en mal de compétitivité ou non.

 

Mon idée première en commençant la rédaction de cette rubrique était d’aborder la question des indemnités de chômage que le gouvernement, de manière insistante, prétend vouloir rendre dégressives. Sauf que, dans ce domaine, le politique n’a pas droit au chapitre : le fonctionnement du système d'indemnisation dépend d'un mécanisme franco-français, le paritarisme. C'est à dire que les conditions d'indemnisation et le montant de celle-ci sont fixés par les «  partenaires sociaux », soit les organisations syndicales patronales et salariales. En clair, le déficit abyssal 1  de ce régime est dû aux décisions de ces organisations, dont le Medef, cette organisation si prompte à exiger des autres –et de l’Etat en particulier - des mesures de baisse des charges sociales. Que ne commence-t-il par montrer l'exemple, serions-nous tentés de dire à ses représentants 2

Et c’est bien le message que lui adresse le gouvernement, « Vous nous demandez des efforts, nous en faisons en allégeant les charges, mais il ne se passe rien sur le front du chômage, vous réclamez à cor et à cris la suppression du CDI, la dissolution du Code du travail, la disparition des 35 heures, etc… Et si maintenant vous vous y mettiez aussi au lieu de toujours tout demander aux autres ? ».

 Bon, tout le monde sait que le chômage de longue durée n’est pas soluble dans la dégressivité des indemnités, rien ne vaut un salaire et un emploi. Le vrai problème c'est bien le travail, ou sa raréfaction.

Restent 29 milliards de déficit de l’UNEDIC qui ne sont pas perdus pour tout le monde : ce régime a aussi permis depuis la nuit des temps 3 aux entreprises de se restructurer, pardon, de se redéployer au nom du concept – à géométrie variable - de « sauvegarde de compétitivité » ; et de licencier notamment les salariés de plus de 55 ans, futurs chômeurs de longue (ou très longue) durée, ceux-ci étant ensuite indemnisés par l’UNEDIC, donc, en partie, par les salariés eux-mêmes. Solution de facilité utilisée par toutes les entreprises, en mal de compétitivité ou non.

Bon, à suivre.

Mais finalement, plutôt que de vous parler de ce thème, toujours très anxiogène, je vais juste vous entretenir d’un petit film que j’ai vu récemment. Son titre : « Demain ».

Je vous livre le résumé emprunté sur le site du film :

« Alors que l’humanité est menacée par l’effondrement des écosystèmes, Cyril, Mélanie, Alexandre, Laurent, Raphäel et Antoine, tous trentenaires, partent explorer le monde en quête de solutions capables de sauver leurs enfants et, à travers eux, la nouvelle génération. A partir des expériences les plus abouties dans tous les domaines (agriculture, énergie, habitat, économie, éducation, démocratie...), ils vont tenter de reconstituer le puzzle qui permettra de construire une autre histoire de l’avenir. »

Pour tourner leur documentaire, ces jeunes gens ont juste mobilisé leurs amis sur Kisskissbank, et ils ont obtenu les fonds nécessaires : pas de recours aux banquiers ou financeurs traditionnels à ce type de production.

Et c’est passionnant, croyez-le, des gens optimistes, qui ne passent pas leur temps à avoir peur, ni à demander de l’aide, des gens qui bougent, innovent, s’inventent de nouvelles vies, de nouvelles façons d’agir, de cultiver la terre, de produire, de faire du business, d’acheter, de vendre, tout en respectant la planète, ils sont drôles (ah ce banquier suisse !), inventifs,  ils ont le sourire, ils donnent envie d’agir, en fait. 

Evidemment, je n’ai pas lu ou entendu beaucoup de commentaires sur ce film qui traite de sujets éminemment sérieux sans se prendre au sérieux. Courez-y, allez le voir. 

Plus tard, nous reparlerons de la négociation chômage, ou de l’extraordinaire volte-face des dirigeants d’Air France dans leur manière de dialoguer avec leurs salariés.

 

29,4 Md d’euros de déficit cumulé fin 2016 d’après une prévision du bureau de l’UNEDIC le 20/10/2015

Même si la manœuvre n’est pas si simple puisqu’il doit négocier avec les organisations de salariés, et sous le contrôle de l’Etat qui n’est jamais très loin, puisqu’il doit donner son agrément pour qu’une convention s’applique.

Au moins depuis la fin des 30 glorieuses, ou depuis le premier choc pétrolier

 

De l’anxiété du chef d’entreprise devant le chômage et du traitement à lui administrer

L’affaire SMART apporte un éclairage nouveau sur les relations de travail à l’intérieur de l’entreprise.

Rappelons les faits : la direction de  SMART veut augmenter le temps de travail de salariés de son usine de Hambach et augmenter l’horaire collectif hebdomadaire de 35 à 39 heures, qui seraient payées 37 ; donc une augmentation de salaire de 6% pour les salariés pour une augmentation du temps de travail de 11,4%. La contrepartie est de sanctuariser les effectifs sur 5 ans.

La direction organise un référendum, la majorité des salariés se prononce en faveur de la réorganisation proposée, mais le collège des ouvriers se prononce contre.

Une négociation s’engage, 2 syndicats minoritaires signent, mais les syndicats CGT et CFDT s’opposent à cet accord, la loi leur en donne la possibilité puisqu’ils représentent + 50% des suffrages exprimés aux dernières élections.

Du coup, la Direction change de tactique et propose aux salariés une modification de leur contrat de travail. Et 97% de ces salariés acceptent la modification. L’histoire ne dit pas ce qu’il adviendra des 3% qui n’ont pas signé l’avenant.

Certes, cette affaire a un petit relent de chantage à l’emploi – mais en ces temps de chômage croissant inexorablement, où l’emploi est devenu la valeur suprême, pourquoi s’en priver ? Et d’autres, sur d’autres estrades s’en servent sans état d’âme pour réclamer à cor et à cris la disparition du code du travail.

Sauf que SMART vient de démontrer avec une rare efficacité que le code du travail ne met pas obstacle aux visées d’une Direction d’entreprise qui entend se réorganiser. Et ce, sans contourner la loi.

Cas d’espèce ? Je ne le crois pas. Les organisations patronales jouent à plein de l’angoisse du chômage pour obtenir un allègement des règles du travail. Nous avons même entendu  le président du MEDEF affirmer que le contrat à durée indéterminée était anxiogène pour les chefs d’entreprise .

Naïfs que nous sommes, nous pensions que ce chef d’entreprise – qui va avec goût du risque - était plus préoccupé par la fiscalité changeante, les règles environnementales (légèrement) plus draconiennes de jour à jour, le poids de la bureaucratie nationale et européenne. Non pas, ce qui rend anxieux le chef d’entreprise, ce serait le CDI. Faut-il y croire ?

Anxiété de façon toute relative au demeurant, puisqu’une embauche sur 5 se fait par contrat à durée déterminée ou intérim .

Aux côtés du Ministre du travail, chaque mois, comme le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger , nous aimerions voir et entendre les responsables des entreprises apporter leurs commentaires sur les chiffres du chômage, ils sont les mieux placés, semble-t-il, pour cela.

Du coup, ils pourraient nous expliquer pourquoi malgré leurs compétences indéniables, et leur sens aigu de l’entreprise, ni le pacte de responsabilité qui a pourtant considérablement allégé les charges sociales (41 milliards, ce n'est pas rien), ni la diminution vertigineuse du coût de l’énergie, ni le rapprochement de la monnaie européenne vers la parité avec le dollar, sans compter l'inflation quasi nulle depuis des mois, ce qui a pour effet de mitiger largement la revendication salariale dans les entreprises, celles qui marchent, ils n’embauchent pas ou si peu….même des apprentis 

Nous pourrions également les écouter sur les actions et prises de risque de leur collègues, ceux de SMART, ou Monsieur PEPY qui veut aussi réorganiser le temps de travail à la SNCF, ou les initiatives de Fernand TAVARES et Louis GALLOIS qui réforment le système des retraites chapeau des dirigeants de PSA sans attendre que le couple MEDEF – AFEP qui vient tout juste d’adapter sur ce sujet des retraite chapeau son « code de gouvernement d'entreprise »  (sic) à la loi Macron, ne lance une réforme approfondie du dit code (en 2016, il n’y a pas urgence, sans doute).

 

 

 

 

 

 

De l'éternité des entreprises

vendredi, 16 octobre 2015 20:20

Il n'y a pas de bonne ou mauvaise entreprise, une entreprise est juste l’homme ou la femme qui la domine, actionnaire(s), ou dirigeant(s).
Ainsi Canal + n'est pas une société  en train de perdre son âme sous les coups de boutoir de Bolloré, elle n'a jamais eu d'âme, ceux qui en avaient ont disparu, Degreef, Lescure, Gildas, de Caunes, et quelques autres. Bolloré doit juste être remercié parce qu'il nous le rappelle, comme une évidence. Canal +  n'est qu'un instrument pour lui. Personne ne partage ses objectifs, même les seconds couteaux dont il s'entoure et dont il a truffé le comex de Vivendi et de Canal +. Jusqu'à au jour où il les débarquera, à leur tour, de préférence avec brutalité.
L’entreprise Volskwagen devrait normalement mourir car elle a transgressé les règles les plus élémentaires de la morale, de la concurrence, de l’économie. Mais, sans que personne n’élève la moindre critique, elle remplace le président dont elle se sépare - en toute hâte - par son clone, tout aussi impliqué, soit parce qu’il savait, soit parce qu’il ne savait pas. A ce niveau de responsabilité, il n’y a pas d’excuse.
Ceux que l’on peut plaindre, ce sont les salariés, eux vont supporter les risques, tandis que leurs dirigeants fautifs, même s’ils sont exclus continueront de bénéficier de la fortune qu’ils ont accumulée sur le dos de la bête, salaires, bonus, primes diverses, retraites groupes, actions, défraiements…que sais-je encore…

Air France est une société qui vaut très certainement mieux que les images d'elle que nous avons vues. La difficulté vient encore des dirigeants, incapables de concevoir le dialogue social autrement que comme un chantage, en passe de réussir.

Bertrand Lumineau

Conseil RH

 

 

 

 

 

 

 

Newsletter n° 19

mardi, 29 septembre 2015 17:51

D’un soi-disant fléau et de quelques autres, plus réels encore...

L’année dernière la rentrée sociale s’est faite sous le signe du dialogue social, avec l’annonce d’une négociation qui n’a rien donné. Cette année, c’est le code du travail qui est à l’honneur (si je puis dire…). 

Pour certains, le code du travail est naturellement destiné à protéger les salariés, et pour cette raison, il ne faut pas en bouger une ligne. Mais ceux-là ne nous expliquent pas comment ce droit protecteur a pu conduire au chômage 3 millions de personnes,  ni comment les en sortir.

D’autres conspuent le code du travail à longueur de temps et le traitent de fléau - mot qui veut claquer comme une injure à l’encontre de ceux qui l’ont fait et le font encore -.

Ne leur en déplaise, la loi du travail est d’essence protectrice,  et depuis l’origine 1

Ceux-là d’ailleurs qui vilipendent la règle en matière de travail quand elle figure dans le Code feignent d’oublier2 qu'eux-mêmes et leurs prédécesseurs, justement, par le biais d'accords nationaux ou de branche, ou même d'entreprise, se sont évertués encore et encore à développer et à rendre encore plus complexes les règles applicables aux relations de l'entreprise avec son salarié. Et si les partenaires sociaux - patrons et syndicats – notamment au niveau des branches professionnelles ont été les plus grands créateurs de normes, rappelons aussi qu’ils ont figé ces normes ad vitam aeternam en signant des accords sans limitation de durée. Ces normes qui, au moins jusqu'à la loi du 4 mai 2004, devaient, en outre, être plus favorables que la loi...

Du coup, le code du travail, malgré son obésité certes détestable et sa complexité chronique due à l’empilement, ne rassemble en fait qu'une petite partie des règles applicables au travail.  

Néanmoins une certaine unanimité semble se faire jour chez tous3, même les moins enclins à réformer, qui tend à ramener l’essentiel de la négociation productrice de règles au niveau de l’entreprise.

Mais est-ce vraiment une bonne idée, et loin de simplifier ne va-t-on pas plus sûrement tout compliquer ? Et, du coup, faire perdre à cette matière la clarté que la loi parvient encore à lui donner puisque par définition elle est la même pour tous4.

Et ne va-t-elle pas aussi perturber la vie sociale - en renchérissant les secteurs dans lesquels il fait bon travailler- et la vie économique rendant possible des délocalisations internes au pays sous le prétexte que dans certaines régions les partenaires sociaux auront réussi à s’entendre pour minorer le statut social. 

L’Europe, de ce point de vue, nous donne un bon exemple de ce qui pourrait arriver, les entreprises privilégiant les régions où les charges sont moindres et jouant sur une sorte de travailleur détaché, qui permet actuellement et en toute légalité européenne de faire travailler en France des salariés venus des pays de l’Union européenne, certes en leur versant les mêmes salaires qu’aux salariés vivant en France, mais en payant les charges – bien moindres - dans le pays d’origine. Tout cela au nom de la libre circulation des femmes et des hommes dans la zone européenne, et de la libre concurrence, bien sûr.

Oui, la réforme du droit du travail doit avoir lieu. Et aller dans le sens de la simplification et de la clarté.

Elle doit avoir lieu, mais à 3 conditions :

1-une reconnaissance du droit des salariés au moins à se faire entendre sur les décisions de l’actionnariat et du management, ne serait-ce que pour équilibrer la vision toujours plus court termiste des actionnaires par rapport à une vision de pérennité et de développement à long terme qui est celle des salariés, plus concernés par le maintien et le développement de l’activité le travail,

2-une réforme des syndicats de salariés, allant plus loin que celle d’août 2008, allant dans le sens de plus de représentativité, plus de responsabilités, et moins de « droits acquis »,

3-une redéfinition de la répartition des profits tirés de l'activité de l'entreprise.

Quant à l'effet sur l'emploi, cela c'est une autre histoire...n'est-ce pas Monsieur Gattaz ?

Bertrand Lumineau

Conseil RH

1 Première loi sociale, celle de 1841 sur le travail des enfants, dans la foulée du rapport Villermé. 

2 Mais ce pauvre du travail n'est certainement pas le seul à être obèse et parfois incompréhensible ou difficile à appliquer...et que dire de la règlementation européenne !

Gattaz, Badinter et Lyon-Caen, Terra Nova, Combrexelle.

4 D’autant que pendant ce temps-là, l’Union européenne ne va pas se priver de légiférer surpolitique, pouvait être tenue pour une utopie, puisque l'idée était de partager le travail, notamment pour lutter contre le chômage. Tout le monde - y compris les organisations syndicales, autres signataires empressés desdits accords - a préféré ne rien partager, et garder le travail à ceux qui en avaient déjà...confortant l'idée d'un chômage - c'est à dire d'un non travail – inéluctable pour les exclus de la formation, et pas forcément détestable pour les mieux indemnisés (dont on peut penser au demeurant qu'ils n'étaient que des chômeurs de transition...).

 

 

 

 

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